Huit femmes aux plumes éblouissantes

mars 6, 2026

Dola Communications

Huit femmes aux plumes éblouissantes

Une sélection de Nouveau Projet pour le 8 mars

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, la revue Nouveau Projet (Atelier 10) a publié le 6 mars 2026 une liste soigneusement composée par la journaliste Caroline Bertrand : sept livres et un album de musique récemment parus, tous signés par des autrices et artistes dont la voix mérite d’être entendue.

La sélection s’ouvre avec Louve en juillet de Gabrielle Filteau-Chiba (Dépaysage), un tombeau littéraire touchant dédié à Séquoia, sa chienne-louve disparue, compagne de douze ans de vie sauvage et de combats féministes et écologistes. Vient ensuite Marie-Célie Agnant avec Cette mort qui n’était pas la leur (Pleine lune), un récit ardent qui relie la mort de l’immigrant polonais Robert Dziekanski, tué par la GRC à l’aéroport de Vancouver en 2007, à d’autres victimes de la violence et du racisme systémique, de George Floyd à Nooran Rezayi.

Marie Gagnon signe Sortie de nuit (XYZ), roman autobiographique qui traverse sans détour la rue montréalaise, la dépendance à l’héroïne, la violence conjugale et la rédemption, portés par une empathie indéfectible pour les êtres marginalisés. Plus expérimental, Écrire le scénario d’Élise Denis (Les éditions de la maison en feu) propose un ovni littéraire à la langue explosive, entre absurde et féminisme, ancré dans un appartement d’Hochelaga peuplé de protagonistes inclassables.

Erika Soucy revient à la poésie avec De mauvais augure (Triptyque), recueil dédié à son fils de 14 ans, traversé par l’angoisse du temps présent, ses guerres et ses génocides, mais aussi par la résistance et l’espoir. Julie Fuster, autrice lyonnaise, fait quant à elle ses débuts romanesques avec La femme coupée en deux (Le Quartanier), récit sur la relation complexe entre une fille et sa mère dramaturge, dont l’héritage artistique se révèle aussi douloureux qu’ambigu.

La liste accueille également le théâtre, avec Nomme-moé d’Elisabeth Sirois, mis en scène par Olivier Morin à l’Espace Go jusqu’au 21 mars. Avec mordant et irrévérence, la pièce décortique les injonctions de la mode et des cosmétiques sur les femmes, portée par un duo de comédiennes à la franchise décomplexée.

Enfin, en guise de huitième plume, Nouveau Projet sort des sentiers littéraires pour mettre à l’honneur Bibi Club et son album Amaro (Secret City Records), composé dans l’urgence du deuil après la perte soudaine de deux proches. Sur une pop électro-industrielle sombre et viscérale, le duo montréalais célèbre la force de l’amour face à la mort.

Une sélection riche et engagée, qui donne à voir toute la vitalité de la création féminine et féministe au Québec et au-delà.

Lien vers l’article : atelier10.ca/nouveauprojet/article/huit-plumes-eblouissantes-femmes

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